La ville de Lens

Plus qu’une ville Lens c’est l’Artois, le Pas-de-Calais, et le Nord-Pas-de-Calais, Lens c’est toute une région, on retrouve même des supporters en Belgique et dans l’ensemble de la France.

HISTOIRE
L’Artois correspond à peu près au pays de la tribu gauloise des Atrébates(peuple celte originaire de Germanie qui ont envahi les territoires du Nord de la Gaule entre le 4e et le 2e siècle avant l’ère chrétienne), dont la capitale Nemetocenna est devenue Arras. Les Romains intégrèrent ce pays dans la province romaine de Belgique.
L’origine de la ville n’est pas complètement connue, on dit que Lens venait d’un proconsul romain appelé Lentulus, puis à l’époque mérovingienne(5eme Siècle), on atteste l’existence de Lenna Cas(trum).
L’histoire de la région, est celle d’une terre qui pendant près de mille ans servit de champ de bataille à toute l’Europe. Le territoire que recouvre le Nord-Pas-de-Calais fut disputé depuis la Guerre des Gaules, à l’époque des invasions barbares, les Francs saliens s’y établirent, et il fut le berceau de la dynastie mérovingienne.
L’Artois fut conquis au Ve siècle par les Francs et donné en 863 par Charles le Chauve à Judith, sa fille, qui épousa Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre.
Après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, il fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180.
Saint Louis donna l’Artois en 1237, avec titre de comté, à Robert, son frère.
La guerre de Cent Ans eut d’innombrables conséquences pour la région, qui fut dévastée, moins par les combats eux-mêmes que par les épidémies(la peste noire).
Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l’Artois passa par héritage aux Habsbourg d’Espagne(Charles Quint).
À partir du 9e siècle, la région, divisée par la frontière de l’Escaut, connut l’émergence de plusieurs principautés, dont les comtés de Flandre, du Hainaut et d’ARTOIS. Cette époque, confuse d’un point de vue politique, est celle où les villes gagnèrent une grande indépendance, et une prospérité économique et culturelle qui vit son apogée au 15e siècle dans les Pays-Bas bourguignons. Après les longs conflits franco-espagnols du 16e siècle, la région fut finalement annexée à la France, lors des guerres de conquête de Louis XIV.
C’est en 1526, lors de l’essor de l’Espagne en Europe, que la ville de Lens passe aux mains du roi d’Espagne et fait donc partit des Pays-Bas espagnols. Il faudra attendre la bataille de Lens, le 20 août 1648, pour voir le début du déclin espagnol dans la région. L’Artois sera rendu à la France lors du traité de paix des Pyrénées dix ans plus tard, le 7 novembre 1659.
La Constituante décide, le 29 septembre 1789, de réorganiser le territoire national en départements. Les provinces du Nord formeraient ainsi quatre départements : de l’Aa à la Bresle, l’Artois, la Flandre, le Hainaut-Cambrésis. Finalement, en 1790, l’Assemblée nationale choisit le découpage en deux départements, ceux que l’on connaît aujourd’hui.
Lors de la révolution industrielle du 19e siècle, le Pas de Calais, connut un développement économique et un essor démographique sans précédent qui en fit la « première usine de France », et un haut lieu des luttes du mouvement ouvrier.
Dès 1850, c’est le début des mines, Lens s’imposa progressivement comme un centre urbain d’importance.
Le 10 mars 1906, la catastrophe de Courrières (explosion de 110 kilomètres de galeries dans le bassin minier) entraina la mort de plus de 1 000 mineurs. Une aide européenne fut mise en place, et l’évènement provoqua un long conflit social qui aboutit à l’adoption par la gauche, nouvellement au pouvoir, du repos dominical. Si la catastrophe entraina une prise de conscience des risques et des améliorations techniques (lampes de sûreté, systèmes coupe-feux, postes de sécurité…), les mineurs virent également arriver le marteau-piqueur en 1910, qui augmentait le rendement mais aussi la quantité de poussière (risques d’explosions et de maladies accrus).
1914-18 : La ville de Lens, située à proximité du front, a énormément souffert de la Première Guerre mondiale. En octobre 1914, elle connut l’invasion puis jusqu’en 1918, l’occupation, pendant laquelle elle est un centre logistique important pour l’armée allemande. Elle fut durant cette période très largement pilonnée par des obus de tous calibres dont un grand nombre n’ont pas explosé, qui rendront la reconstruction dangereuse. Avant leur fuite, les occupants noieront et détruiront tous les puits de mines.
La population de la ville a diminué de moitié à la fin de la guerre. En 1918, la ville et une grande partie du Bassin minier étaient presque totalement rasées. Il faudra de longs mois pour nettoyer les décombres des munitions non explosées, puis pour entamer la reconstruction.
Fin 1918, alors que les premiers habitants reviennent déjà, le paysage est lunaire. L’hiver arrive et la nourriture manque pour les habitants, prisonniers et travailleurs chinois qui nettoient et reconstruisent la ville alors que la grippe espagnole apparait et fait des ravages, emportant de nombreux adultes qui avaient échappé à la mort sur le front.
Le monument aux morts sera édifié sept ans plus tard, sur la place du Cantin. Il est inauguré le 30 mai 1925 devant environ 100 000 personnes.
La période qui suit la Grande Guerre va voir l’influence de Lens grandir, de même que sa démographie. Cet essor est symbolisé par la construction des Grands Bureaux de la Société des mines de Lens à la fin des années 20, un bâtiment qui montre la puissance industrielle de la ville.
Mais rapidement, la crise économique des années 1930 empêcha l’affirmation d’une véritable renaissance, tant économique que culturelle. Elle entraîna des réductions d’effectifs, où ces immigrés récents furent les premiers concernés.
La région connaît une percée de l’extrême droite, dont les « chemises vertes » chez les paysans, ce qui pousse les mouvements de gauche à s’unir. Quand en 1936, le Front populaire arrive au pouvoir en France, trois députés du Nord sont au gouvernement dont Roger Salengro.
1939-45 : Lens dut subir aussi les dégâts matériaux, mais dans une moindre mesure que lors de la Grande Guerre.
L’après-guerre vit la nationalisation des anciennes compagnies houillères. Avec les Trente Glorieuses, la ville s’agrandit encore pour atteindre en 1962 les 42.733 habitants. C’est son bassin houiller qui a permis à Lens de devenir une cité industrielle orientée vers la carbochimie et la métallurgie.
Le recul de l’extraction du charbon, à partir des années 1960, puis l’arrêt total de l’extraction en 1990, a entraîné une grave crise de reconversion. Lens voit pendant une trentaine d’années sa population reculer, ses magasins et ses cinémas fermer et le chômage grimper. Depuis, la ville a diversifié ses activités industrielles autour de l’industrie textile, de la métallurgie, de la construction automobile et de l’industrie alimentaire, ainsi qu’autour des fonctions médicales (Centre hospitalier important), tertiaires (banques, centres d’appels) et administratives (sous-préfecture, université d’Artois).
Aujourd’hui elle compte 36000 habitants mais couvre une bien plus grande agglomération (300 000).
Le Nord-Pas-de-Calais est au cœur d’une zone très active de l’Europe : Paris, Londres, Amsterdam, Dusseldorf et Luxembourg sont dans un rayon de 250 km, et y dispose d’une logistique importante avec trois grands ports littoraux et plusieurs ports fluviaux et d’un réseau routier parmi les plus denses du monde. Une série de grands travaux aboutit à la mise en exploitation du TGV Nord-Europe, d’Eurostar, de Thalys et en 1993 du tunnel sous la manche. L’ouverture des frontières lui a redonné sa vocation ancienne de carrefour européen.
La région se réapproprie son passé, laborieux autant que festif : ducasses, braderie ou carnaval ont retrouvé leur attrait pour la population. Parallèlement, un renouveau culturel est soutenu tant au niveau européen que local, donnant lieu à des initiatives telles que Louvre-Lens, symbole de renaissance.
Le 4 Décembre 2012, c’est l’inauguration du Louvre-Lens.


Monuments:
-École Louis Pasteur et ancien dispensaire de la cité n° 11 de la compagnie des mines de Lens.
-Église Saint-Édouard de la cité n° 12 de la compagnie de mines de Lens.
-Gare de Lens (en forme de locomotive).
-Grands bureaux de la compagnie des mines de Lens, actuelle faculté des Sciences Jean-Perrin.
-Groupe scolaire Jean-Macé, ancienne habitation du directeur des écoles.
-Logement des Sœurs de la cité n° 12 de la compagnie des mines de Lens.
-Maison syndicale des mineurs.
-Monument à Emile Basly.
-Monument aux morts de la compagnie des mines de Lens.
-Monument aux morts de la Première Guerre mondiale de Lens.
-Salle d’œuvres Saint-Pierre de la cité n° 11 de la compagnie des mines de Lens.
-LE STADE BOLLAERT-DELELIS.
-Église Saint-Léger.
-Le bassin minier avec les cités minières (et donc les corons), les terrils (notamment le terril n° 74A, 11 – 19 à Loos-en-Gohelle, avec les deux plus hauts terrils houillers d’Europe (184 et 182 m)), les chevalets.